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mardi 15 février 2011

Vincent, dit l'usurpateur

J'ai jamais vu la madame en question,
mais j'aime croire qu'elle a l'air de ça.


Donc là c'est rendu que j'ai un nouveau travail, un sapré de bon nouveau travail. Cependant, être le p'tit nouveau dans une équipe déjà bien soudée n'a pas que des avantages, bien au contraire. Par exemple, dû à mon arrivée impromptue et au manque de place criant sur mon étage, j'ai dû prendre le bureau d'une madame partie je ne sais trop où. Naturellement, les premières réactions furent plutôt hostiles, mais je fis tôt de faire comprendre à mes collègues que j'étais un gars bin relax en lâchant quelques pets sonores lors des moments de grands silences. Les sons produits par notre corps constituent, selon moi, un briseur de glace à toute épreuve, même la frontière Québec-Ontario ne sait y résister. Bref, je m'éloigne.

On m'a finalement expliqué que la madame à qui appartient le bureau est en faite une dame asiatique de 4 pieds 10 qui croit beaucoup, beaucoup en Jésus (ce qui explique les dizaines de prières imprimées qu'elle a soigneusement tapissées sur tous les murs de son bureau). Alors je les comprends d'être un peu sous le choc lorsque, du jour au lendemain, elle se fait remplacer par un québécois blanc francophone débonnaire aux habitudes gazeuses plutôt comiques.

Il va sans dire que je trouve tout ceci un peu frauduleux, je ne sais pas si je ferai une aussi bonne madame asiatique qu'elle a pu l'être. Donc pour les faire passer à autre chose, j'ai jeté toute la tapisserie de prières ainsi que toutes les photos des enfants de la madame. Ça a un peu eu l'effet contraire parce qu'ils me regardaient pas mal croche quand le déchirais des photos de bébés orientaux en riant. De ce fait, y'a pas grand monde qui sont venus me parler aujourd'hui et y'a quelqu'un qui a jeté mon lunch, bizarre, mais bon l'erreur est humaine. J'imagine qu'ils font tout cela pour me provoquer histoire que je leur fasse d'autres bonnes blagues anatomiques, mais je ne suis pas dupe, je ne vais pas les gâter, sinon ils vont toujours en demander plus.

Au fond, je les aime bien les gens d'ici.

vendredi 5 février 2010

Clouons le cercueil


Shawarma ou Shish-Taouk?


L'heure est au règlement de compte, il est temps de mettre un terme au débat culinaire qui, depuis tant d'années, divise le Québec en deux. D'un côté, l'Outaouais fait cavalier seul en affirmant que ces petites tendresses roulées se nomment Shawarmas, tandis que le ROQ (Rest of Québec) s'entête à les nommer Shish-Taouks. Qui, dit vrai ; l'écrasante majorité ou bien le petit village d'Astérix qui défend ses principes fondamentaux comme il le peut.

Pillier de la restauration rapide, tant en après-midi qu'à la sortie des bars, ces délices libanais ont su marquer l'imaginaire et le système digestif des Québécois. Cependant, à défaut d'avoir un consensus sur la nomenclature de l'aliment, de nombreuses altercations verbales ont éclaté, menant à ce profond sentiment de scission au sein de notre communauté.

Ne reculant devant rien, j'ai fait travailler de concert ma grande curiosité intellectuelle aux connaissances culinaires d'Eric Ricou, fin connaisseur des choses qui se mangent et auteur chez Le mot de la faim. Suite à de longues secondes de recherche au plus profond des Internets, nous sommes parvenus à en venir à ces définitions.

Le Shawarma : est un sandwich sur pain pita roulé garni de copaux de poulet, boeuf, agneau, dinde, ou toute autre viande Halal. La viande est placée sur une rôtisseuse rotative sur laquelle est peut passer toute une journée. Le sandwich Shawarma peut être trouvé partout dans le monde dans certains fast-food. Ils sont typiquement servis avec une sauce à l'ail, du hommos ou une sauce Tahini (sauce au sésame). On les garnit de tomates, laitue, navets marinés, et parfois de taboulé.

Le Shish-Taouk : Appelé ainsi à tort à cause de sa ressemblance au chich-taouk, est un mets populaire servi dans les restaurants libanais dans les contrées québécoises. Surtout dans les villes de Montréal et Québec, utilise ce terme erroné pour définir les Shawarmas. En fait, les véritables chich-taouks sont des brochettes turques (les şiş tavuk). Selon les dires de certains membres de la communauté libanaise cette mauvaise appellation serait due à un certain Abdallah Akkouche, grand gourou de la chaîne de restaurants Basha.

Alors récapitulons :

Ceci est un shawarma :



Ceci est un Shish-Taouk :


... Des questions?

Continuez à l'appeler comme vous le désirez, mais maintenant vous connaissez la plus vraie des vérités. L'important c'est que c'est bon dans yeule, c'est culturellement enrichissant et sa fait puer.

PÉESSE (P.S.): 1-0 l'Outaouais