mercredi 20 mai 2015

Mon vieux char tout rouillé

 
 
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Mon char et des badauds


Je vous l'ai jamais présenté, mon vieux char tout rouillé. Pourtant, il existe. Pourtant, il fait partie de ma vie. Depuis l'automne de l'an 2011, que je possède en effet mon vieux char. Peu à peu, au fil du temps, il est devenu mon vieux char tout rouillé. Les chars rouillés, c'est pas rare. Mais depuis quelques temps, sur mon char, de la rouille s'est déclarée, telle une gangrène métallique, près de mon miroir gauche. Si bien que, du triste spot de rouille, s'écoule sur toute la longueur de la porte des larmes de rouilles lorsque la pluie tombe. Ça fait vraiment dur. Et c'est ce qui fait que mon char, il est pas rouillé comme les autres.

Certains pourraient me dire "Ben si y'est rouillé, ton char, pis que tu trouves ça laid, arrange-le donc." À ces gens, je répondrais simplement "Oui". Je devrais faire ça. Mais qui a l'argent pour ça? Qui veut s'engager dans le combat perdu d'avance de la lutte à la rouille? Je laisse donc l'oxydation et le temps faire leur œuvre.  

Mon vieux char est d'une couleur affreuse. La rouille qui se déclare en maints endroits sur le bodé permet d'attirer l'œil du badaud sur autre chose que l'affreuse couleur de mon auto. Certains diraient: "t'as un esti de char de marde, man" Moi je répondrais: "Non. Faux. Il roule. Il a la radio. Une radio custom même. Je sais pas comment afficher l'heure dessus." J'ai déjà fait un ménage de printemps dans mon auto. Je serais certainement dû pour un autre.

Je pourrais conter plusieurs histoires sur mon char.

Fin.

mardi 21 avril 2015

Au jour de maintenant

Moi, sémantiquement rassasié


Ça y est. Ça arrive à tout le monde et ça vient tout juste de m'arriver. Ce phénomène que je suspectais d'exister, tout en ignorant sa présence dans l'imaginaire collectif.

Satiété sémantique

Après avoir répété plusieurs fois le même mot, il devient soudain vide de sens, phonétiquement inesthétique et mentalement incompréhensible.

Heureux de savoir que cette occurrence était aussi répandue qu'inoffensive, je me suis empressé de remettre mon internement à une date ultérieure. Mes proches s'en verront rassurés, puisque je viens de vivre cet affreux sentiment.

Un mot, pourtant über-commun, m'a poussé au bord du maelström psychotique, ou du moins, d'un coma causé par une violente attaque de vomissements. Bin voyons, quel mot a pu te turlupiner à ce point, me demanderez-vous?  

Aujourd'hui, le damné mot aujourd'hui.

Ce mot qui, phonétiquement, semble enraciné dans un quelconque folklore Flamand du Moyen-Âge, mais qu'on persiste à employer à qui mieux mieux par une quelconque coquetterie historico-linguistique. J'ai toujours un peu de misère à me faire à l'idée qu'à notre époque, nous n'utilisions le mot « hui » (qui signifie maintenant, en ce moment, là) qu'avec « aujourd' » sauf si on s'appelle Michel Folco et qu'on désire beurrer notre savoir lexical plus épais que la moyenne.

En plus de tout ça, aujourd'hui est un pléonasme crasse puisque, on ne se le cachera pas, dire au jour de maintenant, c'est agressivement redondant.

Vous me pardonnerez donc cette montée de lait, mais si comme moi vous croyez qu'aujourd'hui n'a plus sa raison d'exister en ce 21e siècle, prenez la rue et faites entendre votre voix!


jeudi 16 avril 2015

Allo

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Nouvelle bibliothèque, nouveaux défis!!!!!!! Mais n'oublions pas: nouvelle bibliothèque, nouvelles déception : ((((((((

C'est une loi de la nature.

Cette fois-ci, la déception prend la forme d'un magazine auquel la bibliothèque est abonnée. Le magazine Dodge. En lisant le titre de cette revue, on pourrait croire qu'il s'agit d'un magazine d'auto. En voyant la couverture, on pourrait croire qu'il s'agit d'un magazine de photographie. Cependant, c'est en lisant la toute dernière promotion sur le maquillage pour cadavre, en en apprenant sur les nouvelles technologies qui remplaceront la crémation ou en  apprenant comment embaumer un bébé qu'on comprend qu'il s'agit d'un magazine de thanatologie. Quelle tristesse. Lecture déconseillée.



mercredi 8 avril 2015

Coderre, ça va faire.



Je me lance en campagne. Joignez-vous à moi, citoyens. "Coderre, ça va faire!" scanderons-nous tous en chœur!

Parce que vous l'avez vu, sa dernière à Coderre hein? Ça dépasse les bornes et de loin à part de ça. C'était pas déjà assez compliqué comme ça de trouver une place de stationnement dans les rues de Montréal? Ça coûtait pas déjà assez cher en permis de stationnement pis en 25 cennes pour pouvoir se parker une dizaine de minutes à quelques part? Ça suffisait pas de nous obliger à passer un après-midi au complet à lire ce qui est écrit sur les 26 pancartes après le poteau pendant qu'une file de char nous klaxonne dans le cul?

Coderre, ça va faire.

Voilà maintenant qu'il nous en sort une nouvelle, Coderre. Ben oui toi, une pancarte de plus! Pis qu'est-ce qu'elle dit, la pancarte? : "Tu veux te stationner là? Ben tu vas devoir te louer un 7 et demi, mon gars."

Non mais ça a tu pas la moindre maudite trace de bon sens c't'affaire là? Un 7 et demi! Avez-vous idée du prix de ça, sapristi, Coderre! Pis à part de ça, il fait peut-être pas ton affaire, ce 7 et demi là! Vous saignez les pauvres. Vous faites de votre ville un Dubaï du nord.

lundi 30 mars 2015

Fuck la société




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moé



Maudit tabarnak.

58$ par paye. Pour des assurances. Qui c'est qui utilise ça des assurances, à part les faibles et les simplets? Je m'ennuie du temps où j'étais pas né et où les assurances collectives existaient pas pis que les enfants mourraient écrasés par des trains sans le moindre problème. On te le remplaçait dans le temps de le dire, le petit Timmy. Ça dérangeait personne. Pis ça amputait surtout pas les maigres salaires de personne. Maudit estifi.

58$ par paye maudit bâtard. Quelques précieuses brosses en moins ça. Maudit bâtard. Je vais me sentir encore moins mal qu'avant de passer mes soirées à fredonner du Beatles, ça c'est sûr. Je vais peut-être même fredonner plus fort qu'avant en guise de protestation.

mardi 24 mars 2015

Mathieu




Bonsoir bonsoir,

comme toute jeune personne qui se respecte, j'ai déménagé à Montréal. J'y suis en effet depuis 6 mois et je trouve aujourd'hui finalement un sujet digne d'une chronique concernant cette ville pourrie.

Alors voilà, j'ai voulu aller faire l'épicerie aujourd'hui. Étant ici depuis 6 mois, je commençais à trouver que j'avais le ventre bien creux et que l'heure était arrivée de garnir des armoires. Pas une mince affaire faire une épicerie à Montréal, je vous le dis! Premièrement faut se rendre à une station. Ensuite, ça coûte 3,25$ pour pouvoir rentrer. Tout est cher à Montréal. Ensuite, t'attends qu'une navette vienne te chercher pour t'amener à l'épicerie. Ensuite, tu rentres dans la navette. Pllllein de gens vont en même temps à l'épicerie! Plein de gens embarquent, plein de gens débarquent. Fait étrange, bien peu de gens semblent transporter des sacs d'épicerie. Je suis resté dans la navette un bon 30 minutes. Après un moment donné je me suis dit que je devais être arrivé, bâtard après tout ce temps là. Je suis débarqué de la navette. Suis sorti. Pas vu la moindre épicerie. Pis j'étais perdu. Bref, 5 sur 10 pour les épiceries à Montréal.

Autre expérience digne de mention à Montréal: le métro! Ben oui! T'as pas ça à Hull! Moi pis Vincent on avait soumis le projet d'un métro au maire Bureau. Ça aurait relié le 38 Dufferin, le 67 Lessard, le 134 Wright ainsi que toutes les bibliothèques de la ville. Malheureusement Pedneault-Jobin est rentré pis y'a toute scrappé ça. Toujours est-il qu'à Montréal, y'a un métro et je l'ai pris. Tu rentres là, y'a plein de monde, c'est bruyant et faut attendre longtemps. Point positif cependant, tu peux en profiter pour t'acheter de la bouffe pour la semaine. Encore une fois un peu cher. 6 sur 10 pour le métro à Montréal.

Au revoir!



mercredi 11 mars 2015

Fumiste fumet


Une erreur coûteuse


Pour certaines personnes, le corps n'est qu'un vaisseau de chair qui ne sert qu'à contenir l'âme jusqu'à ce que ce dernier se mette à moisir, libérant son fantôme spirituel. Pour celles-ci, nul ne sert de dorloter ledit amas de viande, puisqu'il n'est que temporairement nôtre. Logique.

Pour d'autres, le corps est un temple qui mérite à la fois respect et entretien, puisque crisse, on ne vit qu'une fois et croire à quelque forme de réincarnation ou de vie après la mort, c'est de la bouillie pour les chats, uniquement bonne à nourrir les esprits simples en quête de réponses prémâchées.

Je me trouve, bien humblement, à mi-chemin entre les deux.
Je comprends les bénéfices de piloter un corps en santé, mais je trouve que, de temps en temps, c'est viargement justifiable de manger un sac de chips aux cornichons crémeux au complet. Ceci étant dit, il m'arrive de fréquenter certains centres sportifs, surtout en hiver, lorsque l'idée-même d'aller arpenter les trottoirs me donne des sueurs froides et des visions de fractures ouvertes.

Alors ce midi, je suis allé au gym.

Le vestiaire, aussi bondé que déplaisant, ne m'offrit guère le choix en termes de casiers. Aussi épais que cela puisse paraître, le choix du casier est crucial si on ne désire pas se ramasser avec le derrière d'un Chinois bicentenaire en plein nez alors qu'on se penche pour attacher ses souliers de course dernier cri. Donc, quelle ne fut pas ma chance de découvrir une case dans un emplacement de choix!
"Vincent, aujourd'hui, c'est ta journée!", me dis-je naïvement.
J'entrepris aussitôt d'y déposer mon matériel et de me changer prestement. En m'exécutant, je décelai un vague fumet que je décrirais comme provenant d'une raie défaichie. "Ouhla!", pensai-je, "un sans-abri lépreux doit être en train de se changer dans les parages". N'en tenant pas rigueur, je barrai mon cadenas et m'entrainai normalement.

Après séance sportive olympienne et une douche revigorante, il était plus que temps que je me revêtisse, parce que le milieu dans lequel j'oeuvre tolère mal la nudité au travail. Sitôt la porte de ma case ouverte, une bouffée pestilentielle m'assailli tel un coup de hache en plein nez. Mes follicules nasaux eurent tôt fait d'informer mon cerveau que l'effluve horripilante de viande à tacos et de curry jaune émanait depuis mon casier depuis le tout début.

Horreur, consternation, sentiment d'échec, perte de tout amour propre, etc.

Évidemment, mes vêtements, m'ayant attendu sagement au fond de cette coffre-fort odorant, avaient eu le temps de s'imprégner de cette aberration olfactive.

Ne sachant que faire, je rhabillai, retournai à mon poste de travail et entrepris d'écrire ce billet, fortement inspiré par les arômes cauchemardesques qui s'échappent présentement de mon tout nouveau blazer.

Tabarnak.