Je croyais qu'elle allait se charger des maudits poulamons dans ma chambre.
"Yark yark! Une araignée! Yark!"
Telle fût ma réaction lorsque je vis l'araignée. Cependant, étant confortablement assis dans ma lenestol (c'est du norvégien ça), j'avais une belle excuse pour ne pas me lever et dégueulassement écraser la bête de ma main nue. Je la laissai donc vivre. Me disant aussi qu'elle deviendrait mon alliée et tuerait toutes les autres bestioles qui pourrait y avoir dans ma chambre.
Erreur! Elle a crevé de faim, la pauvre. Elle est en ptite boule toute morte en dessous de mon bureau. Elle aurait peut-être préféré une mort violente et sèche finalement, plutôt qu'une lente agonie. Faut croire que y'a moins de bestioles que ce que je pensais dans ma chambre.
Je sais, vous vous dites "ah non pas encore ce citoyen insatisfait!". Eh bien oui monsieur le maire, c'est encore moi. Si je vous écris aujourd'hui, c'est ben de votre faute. Faut que je vous parle de trois choses qui devraient vous tenir à cœur en tant que maire d'une ville. Le sport, les jeunes et la drogue. Plus précisément, monsieur le maire, les jeunes drogués à la patinoire du coin.
Ça a pu de bon sens c't'histoire-là! Je l'ai eu ma phase de drogue moi aussi monsieur le maire. De l'acide, de la coke, du crack, enwèye donc. Je suis pas un ange, j'en conviens. Mais jamais, jamais je n'ai joint (drogue, joint, la pognez-vous monsieur le maire?haha) drogue et sport. Pour ces jeunes-là en tout cas, on dirait ben que le hockey, ça vient avec la drogue.
Y'a pu moyen de pratiquer ses spinorama sans qu'un jeune morveux arrive en trombe "yo man, t'aurais pas un hop'n go sérieux?, j'ai faim en criss c'est fucké lol". Quand ça vous approche de même, monsieur le maire, ça fait peur. C'est imprévisible un drogué. Je me sens pas du tout en sécurité.
Un autre affaire: quand j'étais jeune moé, monsieur le maire, pis que je jouais au hockey avec ma gang, si on faisait des pauses en jouant, c'était soit pour se battre ou soit parce qu'un des gars avait reçu un slape sur la yeule, pas pour aller fumer de la drogue. L'autre jour, en pleine game toé chose, le jeune dit: "gros j'fumerais ben un batte". Paf, la game arrête.
Après ça, quand la game reprend vingt minutes plus tard, ces jeunes-là ça joue tout croche. J'pourrais rassembler une équipe de quadraplégiques aveugles que y'aurait plus de cohésion que ça sur la glace, monsieur le maire. Où est l'honneur à battre une équipe de jeunes yeux rouges monsieur le maire? Ces jeunes-là, y nous scrappent la beauté du sport.
M'a vous dire ce que vous devriez faire. Mettez de la police autour des patinoires. Crissez-moi toute ça en prison ces jeunes-là. Y'a rien de mieux dans vie qu'un peu de temps en-dedans pour vous remettre sur le droit chemin. Un moment donné, monsieur le maire, faut serrer la vis.
L'histoire regorge de personnages ayant, à leur manière, altéré son cours. Certains ont gagné des prix Nobel de physique pour leurs découvertes révolutionnaires, d'autres, comme Nicéphore L'Espérance, ont su gagner le cœur des gens d'une manière un peu plus concrète.
Débutant sa carrière de hockeyeur en 1883, à l'âge de 16 ans, avec le club des Pentecôtes de Saint-Chrysostome, Nicéphore s'identifie rapidement à son rôle de mal-aimé, probablement dû à son apparence physique plutôt moyenne et sa difficulté à s'exprimer dans un français compréhensible. Il est vrai qu'en tant que jeune homme issu de la consanguinité, la vie n'avait pas gâté ce dernier.
Puis, en un froid après-midi de décembre, alors que les Pentecôtes se mesuraient aux club des Eucharisties de la paroisse de Saint-Barnabé-Sur-Le-Lac, un miracle se produisit. Le petit L'Espérance allait, bien malgré lui, révolutionner le monde du hockey sur glace.
C'était en fin de 3e période et les Pentecôtes étaient, comme on dit, "en train de s'en faire sacrer toute une". Pris de désespoir, l'abbé Beaulieu,l'entraîneur/pédéraste de l'équipe, se résolut à envoyer Nicéphore dans la mêlée. Ce dernier, n'ayant participé à une joute auparavant et étant confus par l'exaltation, avait perdu toute notion de l'espace-temps et n'eût aucune idée quoi faire avec la rondelle lorsque, par un quelconque miracle, il se retrouva devant le but adverse.
À cette époque, le hockey était un sport de finesse et de dentelle réservé aux gentlemen. Les tirs précis à basse vélocité représentaient la manière la plus bienséante de compter des buts. Cependant, animé par le désir de vaincre l'adversité, Nicéphore fut fi de cette étiquette sportive pour laisser libre cours à ses bas-instincts et l'improbable se produisit...
Après avoir pris un élan de bâton quasi-exagéré, il "vargea" dans la rondelle de toutes ses forces, du jamais vu, le "snappe shot" était né. Le boulet péta 3 dents de Gustave "Ti-Clin" Lamothe (le gardien adverse) et continua son chemin vers le fond du filet, portant la marque à 2 à 12.
Naturellement, les Pentecôtes perdirent ce match, mais le petit Nicéphore L'Espérance venait de faire changer le visage du hockey (tout comme celui de Ti-Clin Lamothe).
L'Espérance continua sa carrière de hockeyeur jusqu'à 18 ans, puis fit le choix de s'inscrire au séminaire afin de devenir curé... Aux dernières nouvelles, il aurait succombé à la tuberculose.
Il nous arrive trop souvent d'oublier ces personnages qui ont façonné l'histoire. Voilà pourquoi il est important de se demander où est-ce que nous serions sans de grands hommes comme Nicéphore L'Espérance, l'inventeur du "snappe shot".
Je suis allé faire du vélo aujourd'hui! J'ai braké dans garnotte en opérant une légère rotation c'était sick.
J'ai le goût de mettre une autre chanson de Jean-Roger Caussimon, mais vous , chers nombreux lecteurs, avez sûrement tous acheté ses albums déjà. À place, je vais mettre autre chose.