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mardi 13 octobre 2015

Est-ce l'Est ou est-ce l'Ouest - Jasper


Section 1 - Promenade dans les airs

Partis, fringants et surchargés, aux premières lueurs de l'aube, les premières minutes de ce voyage dans les Rocheuses furent (s'cusez mon calembours géologique), plutôt cahoteuses. Disons que la voiture du bon ami Mathieu a choisi un bien drôle de moment pour faire la vlimeuse.

En effet, quand on a un avion à prendre dans les prochaines heures, perdre son pot d'échappement et le laisser traîner sur l'autoroute Ville-Marie (passant bien près d'incendier les voitures qui nous suivaient avec nos étincelles), ce n'est jamais une bonne idée.

Comme en témoigne l'égoportrait de champion ci-dessous (un classique chez les fervents voyageurs), ce petit contretemps mécanique eut pour effet de mettre Mathieu en beau fusil.

Rassurez-vous, une fois rendus au-dessus de la Saskatchewan, Mathieu avait retrouvé sa frimousse friponne. Faut croire que le relief plat et les rivières riches en alluvions l'apaisaient.


   


Section 2 - Constats 

Constat premier :

Jasper, c'est beau en ti-pépère de Saint-Ciarge!

La preuve :


  

 

Pas pire pareil, han?


Constat deuxième :

Généralement dans la vie, être sympathique est une bonne affaire (sauf, mettons, si tu fais face à un escadron de carcajous sur le PCP qui veulent te dérober ton NIP pour s'acheter plus de PCP. Là, ça ne changerait rien.). Qui plus est, être sympathique peut parfois même être payant (oui, oui, au sens monétaire)!
Bin croyez-le ou non, au comptoir de location de voiture, nos petits minois rayonnants d'enthousiasme et nos blagues témoignant de notre soif de découverte nous ont valus un tannant de beau rehaussement de véhicule.
Pensant devoir éviter les pick-ups de l'Ouest à bord d'une sous-compacte urbaine (austérité oblige), nous nous sommes finalement retrouvés au volant de 2 tonnes de pur muscle américain, sous la forme d'une Dodge Charger flambette.

Eul'gros luxe que j'vous dit!

Mathieu, fier.

... Évidemment, notre voiture-fusée détonnait un brin dans l'océan minivans des familles de classe moyenne-basse de notre terrain de camping à prix modique.

Hors champ : Les minivans dont je vous parle.


Constat troisième :

Les bouchées de poutine congelées de Saint-Hubert supportent très mal le voyage interprovincial, tant par air que par route.

Donc, notre ami Eric (Ah oui, c'est lui qu'on venait voir, avant même les montagnes et les wapitis. Eric vit dans l'Ouest depuis quelque temps, sauve des gens, boit de la bière trop coûteuse et relocalise des ours avec ses mains. Eric a bin du fun.) a beau avoir été attendri par la délicate attention de lui apporter une boîte de ces probables délices, mais n'a pu cacher son désarroi lorsque, sortant du four, les bouchées promises ressemblaient à des flaques de sauce brune à une température s'approchant de celle du noyau terrestre.

Eric, béat, mais ignorant qu'il sera trahi par les bouchées de pout' au magma.



 Section 3 - Voir d'zaffaires (affronter le dehors)

Eric aurait bien aimé nous faire visiter tous les joyaux de son beau parc, mais avec si peu de temps à notre disposition, je crois qu'il aurait fallu consommer des quantités titanesques de crystal meth pour n'en voir ne serait-ce que la moitié.

Ceci dit, on s'est quand même grayé de trois bonnes journées sur les sentiers...


Mathieu de face, ainsi qu'un paysage à couper le souffle.

Mathieu de dos, ainsi qu'un paysage à couper le souffle.
 
... Ainsi qu'une journée sur un glacier, oui, oui, un vrai (là où l'eau de glacier est mise au monde)!

Les feux de forêt qui rageaient dans l'État de Washington au moment de notre périple créaient un hâle qui donnait un air vaguement vénusien à notre beau glacier. Sérieux, avoir été Ridley Scott, j'y aurais tourné un film.



Mathieu, constatant l'ampleur de la tâche


  

Oui, c'est viargement gros.



  



Mes amis digérant leurs sandwichs. Mignon!

Il va sans dire, cramponner un glacier pendant 7 heures, tout en évitant de mourir en tombant dans des crevasses de 50 mètres (dont il est impossible de t'extirper si jamais tu y tombes, ouache), ça finit par te travailler le Canadien.

Je vous mentirais si je vous disais qu'on n'a pas songé à abandonner Mathieu à ce moment-là.


Repose-toi, doux prince.


Section 4 - Nightlife 


Je pourrais vous raconter en détail que Jasper offre une superbe sélection de (2) bars aux jeunes gens en quête de plaisirs folichons (ou aux touristes allemands pensant vivre une expérience on ne peut plus culturelle), mais bien honnêtement, il n'y avait pas de quoi écrire à sa mère.

Tsé, tant qu'à être  dans le bois, aussi bin boire et festoyer comme du monde de bois. C'est à dire avec une bonne Caribou Lager autour d'un feu qui arde depuis une vieille cuve de sécheuse.
Mercredi : Soirée-sacrifice au nom des dieux de la forêt.


 Section 5 - Flore et faune

C'est justement lors de l'une de ces soirées que j'ai eu la chance de faire un tête à tête avec l'une des légendes vivantes du parc national, le wapiti commun.

Éthyliquement courageux, j'ai (naïvement) cru que la maman-wapiti serait d'adon et qu'elle ne tiendrait pas rigueur à l'apprenti journaliste en boisson que j'étais, et qu'elle ne se bâdrerait pas des quelques clichés que je prenais d'elle et de son petit.

Plus de peur que de mal, ne vous en faites pas.

Maman-wapiti, sur le point de charger,
puisque visiblement irritée par mon flash.


Autrement, Mathieu s'est fait un ami végétal, qu'il s'est empressé de nommer à titre de "sa plante préférée". Il n'a, toutefois, pas pris le temps de s'informer au sujet du nom, de l'espèce ou des caractéristiques de sa nouvelle amie photosynthétiseuse.


Photo Tinder de la plante de Mathieu.


Aussi, il arrive que les forêts brûlent, ce qui donne une allure assez glauque aux randonnées. Ça a l'air triste, mais on avait l'impression de marcher sur des Doritos et l'air sentait le bon BBQ. Un mal pour un bien quoi!


"Crounch-Crounch" - Le sol, 2015



Section 6 - Badineries et frivolités

Comme vous l'avez probablement deviné, contrairement à la plupart des gens, Mathieu et moi apprécions avoir du plaisir. Malheureusement, nos déconnades sont trop souvent spontanées, donc difficiles à documenter. En voici quand même deux échantillons, mes chanceux. Attention à vos rates!


D'abord, ce moment absolument désopilant où j'eus la présence d'esprit de faire comme si Mathieu était un condiment dans un sandwich géant!

Vraiment, là je me suis surpassé!

Ou encore lorsque nous avions fait une pause-exploration-de-belles-choses-de-bord-de-route et que Mathieu, surchauffant dans son coton ouaté Rona, cru bon en faire une robe cocktail, jouant ainsi les allumeuses des grands chemins, affriolant ainsi les pères de famille qui roulaient derrière.





Section 7 - Bref

Bref,

Le Parc National de Jasper, c'est beau (probablement même plus que vous le pensez), mais c'est encore mieux quand on a la chance de le partager avec des gens qu'on estime / apprécie / aime / tolère / a du fun avec.

#Tourlou

mardi 29 juin 2010

Étude anthropologique du client de bar (partie 1)

Vous reconnaissez-vous?


À force de travailler dans le merveilleux monde du service de la boisson, il m'est souvent possible, par un simple regard, de déterminer quel genre de client chaque personne deviendra lorsqu'il ou elle aura quelques verres dans le nez. Croyez-moi, ce n'est nullement par mépris ou par dédain que je me prête à cet exercice, mais bien par réflexe afin de savoir à quoi m'attendre de ces personnages.

Il y a une foule de « personnalités de bar », mais en voici quelques-unes qui vous permettront de bien comprendre mon point de vue objectif de barman dans cette histoire-là.



Le jeune Ontarien :

Dépourvu et déraciné, le jeune Ontarien chaud est un client très contrasté. Au départ, il agit comme un touriste québécois qui visite un bar thaïlandais; il ne comprend pas trop ce qui se passe ou ce qui se dit, les moeurs locales lui échappent totalement, il se voit alors contraint de ne consommer que les produits auxquels il est familier (c'est-à-dire ceux qu'il voit à la télévision lorsqu'il regarde Grey's anatomy).

Cependant, une fois aviné, le jeune habitant de l'Ontarie vous démontrera une personnalité tout autre. Au revoir la jeune personne timide et confuse, bonjour les habitudes de colonialiste. Laissez-moi m'expliquer. À mesure qu'il boit, le jeune Ontarien se rappelle que le Québec fait partie du Canada suite à la Conquête de 1760, de ce fait, il se croit chez lui, il se croit même très chez lui. De ce fait, n'ayant plus rien à craindre, il se met à se comporter comme un enfant (mais semble oublier que le pourboire suggéré au Québec se situe autour de 15,0% et non 1,50%)

En tout cas.


Le vieil Ontarien :

Contrairement au jeune Ontarien, le vieux sait déjà que le Québec est un territoire conquis, puisqu'il travaille aux Terrasses Chaudière au Ministère des Affaires étrangères ou à l'ACDI (voilà qui explique le fait qu'il sorte dans les bars avec sa petite carte d'identification de fonctionnaire). Il exigera une pinte de Keith's (comme dans les annonces) pour lequel il laissera un pourboire inversement proportionnel à son salaire, jugeant que du 8%, c'est très raisonnable.

S'il est vraiment « sur une dérape », le vieil Ontarien tombera dans les shooters de téquila ou bien le scotch sur glace. L'alcool affectera alors son ouïe, puisqu'il se mettra à parler et à sacrer très fort.


Le crieur public:

Chez l'homme : S'appelle souvent Steve, Dan, Rick ou Alain, souffre de calvitie, mais se teint les cheveux en blond et trouve que porter du Dom Rebel à 37 ans, c'est hot en esti. Après avoir enligné 5-6 vodka canneberge (Grey goose, ça pogne avec les filles), il s'assurera d'être entendu par tous les gens présents lorsqu'il rit, qu'il raconte une blague salée ou qu'il interpelle le barman pour montrer aux gens qu'il le connaît et qu'il est quelqu'un d'aimé dans l'établissement (alors qu'il ne sort qu'aux 5 à 7 de la Boîte à chansons). Cependant, le crieur public laissera un pourboire intéressant.


Chez la femme : Est jeune, découvre la sortie dans les bars et affectionne les cocktails mauves et la téquila. Ne se met à crier que lorsqu'elle commence à être pas mal pompette avec ses « chums de filles ». Après s'être ardemment époumonée, la crieuse publique aura repoussé tout le monde et elle se mettra à fustiger le sexe masculin, qui selon elle, ne mérite pas une femme de son envergure. Elle finira sa soirée en pleurant et en vomissant dans les toilettes. Triste, mais trop souvent vrai.


Le rapace:

Dans la trentaine parfois avancée, le rapace se munira de ses plus beaux atours pour aller épier la viande de femelle qui ose se pavaner sur son territoire. Il sort tous les jeudi et vendredi soir pour être certain de trouver le ratio optimal de femmes. Il se parfume au Axe, au Old Spice ou au Polo Black.

Lorsqu'il sort aux 4 jeudis, il s'installe à son poste de surveillance, c'est-à-dire sur le haut de la marche de la terrasse extérieure, à côté du DJ, afin d'avoir une belle vue d'ensemble. Il sirotera sa pinte de Stella Artois en parcourant la foule de son regard de feu. Vers 12h37, il tentera une blague misogyne avec le DJ, qui ne lui accordera aucune attention.

Le rapace terminera sa soirée une fois les lumières du bar allumées. Il tentera alors un « rush de dernière minute » afin de se trouver une fille assez saoule qui acceptera ses avances coquines malgré son haleine de cachalot et son regard vitreux.


N'allez pas trop loin, on vous revient avec la 2e partie sous peu!

mercredi 16 juin 2010

Hull, ville en effervescence




L'hystérie collective est à son comble dans la métropole outaouaise. Parlez-en aux gens dans la rue et vous vous rendrez compte à quel point ils peinent à contenir cette joie débordante. On ne croyait jamais qu'un tel projet soit mené à bien, mais la vie se retourne parfois "sur un trente sous" pour nous faire de bien belles surprises.
Le chat est enfin sorti du sac après des mois de pourparlers. Après les arbres de lumière (le projet de 30 000 $ qui nous a donné la belle rangée de poteaux lumineux en bordure du boulevard Maisonneuve) et Papa, l'espèce de portion de mur géante aux couleurs fluorescentes, voici que la ville de Gatineau a octroyé des subventions à une compagnie bien connue pour qu'elle nous bâtisse une toute nouvelle succursale de McDo (À DEUX ÉTAGES), juste à côté de l'ancienne (voir annexe 1).



Annexe 1 - Le vieux McDo


Avec ce genre d'initiatives, on assure de laisser un héritage culturel riche aux générations futures. Les citoyens en liesse prévoient déjà fêter l'ouverture de l'établissement en grand. En fait, en fins stratèges, les députés de quartier et les franchisés se sont entendus pour faire coïncider l'ouverture des Jeux du Québec avec l'ouverture du restaurant. Les jeunes athlètes pourront alors s'y rendre pour y dévorer un savoureux trio et y dépenser ce qu'il leur reste d'énergie dans le parc Ronald révolutionnaire. Génial.

Le dynamitage de l'ancien site est prévu pour bientôt je l'espère. Nous comptons bien y assister afin de pouvoir nous délecter des derniers savoureux effluves de ce bâtiment qui, selon nous, mériterait tout à fait sa place au patrimoine régional.

Vieux McDo, nous te saluons d'un solennel salut.

dimanche 9 mai 2010

Mathieu

POW!

Y'a tout plein de choses désagréables dans la vie: avoir un score négatif à cod, se faire tuer par un gars à cod alors qu'avec le nombre de balles qu'on lui a tirées dessus c'est définitivement lui qui devrait être mort, tomber sur une game de cod où y'a plein de camper, quand tuer un gars avec .50 cal à cod demande plus qu'une balle, etc. Mais je crois qu'échapper le siège de toilette est une chose infiniment plus désagréable. Ça fait un gros gros POW! pis ça fait faire le saut. Le pire c'est quand ça arrive en pleine nuit parce que là, en plus de faire le saut, tu réveilles les gens qui dorment et ça c'est pas tout à fait chouette.

jeudi 7 janvier 2010

À toutes mes rondelles disparues

Eux, ils n'ont même pas de bande. Ça doit être horrible.

L'hiver, pour moi, est une période de deuil. Je suis constamment vêtu de noir et je ne peux m'empêcher de pleurer. Ce n'est pas le froid qui me rend ainsi. C'est n'est pas la neige non plus. Non c'est bien le plus beau sport au monde qui me rend triste: le hockey.

Je vais à la patinoire du coin. Je propulse des rondelles à la vitesse de la lumière par ci par là. Soudain, une rondelle décide de partir plus haut et plus loin que les autres. Par-dessus la bande même. Dans le vaste champ de neige entourant la patinoire même. J'ai beau la chercher pendant 10 minutes, dans mon cœur, je sais que j'ai perdu ma rondelle. Je sais qu'il n'y a plus aucune chance que je la retrouve. À chaque fois, j'ai l'impression de perdre un enfant.

Hier, j'ai perdu deux de mes enfants. Mon enfant des Bruins de Boston et mon enfant du tigre géant. Tout est de ma faute. Je n'aurais qu'à être plus précis. Je n'aurais qu'à moins slapper comme un imbécile. C'est plus fort que moi. Je ne suis pas un bon père.

dimanche 27 décembre 2009

Soyons créatifs


Les restes de repas de Noël commencent à s'accumuler et vous commencez à vous lasser des crises de panique que cette situation peut engendrer? Soyez créatifs. Le jeune homme ci-haut eut l'excellente idée de combiner les vertus de la dinde, patates pilées, farce, maïs, atocas, macaroni au fromage, épinards, riz portoricain, choux de bruxelles, onions marinés, bacon, hamburgers de white castle et ravioli au sein d'un même sous-marin. Le génie humain à son meilleur.

L'option de la charité est également à prendre en considération. En cette période de don de soi, pensez aux gens moins fortunés (comme Mathieu et moi :( ) et aidez-nous à regarnir notre congélateur avant qu'il n'écrive une nouvelle chronique décriant notre sous-alimentation. Mais encore là, gare à vous, nous pourrions devenir dépendants à cette nourriture et, mésadaptés, nous nous retrouverions dépourvus face à une véritable disette. Savoir trouver le juste milieu serait l'important.

Sinon

Joyeuses Fêtes de la part des chroniqueurs de VDB et de toute leur équipe de recherchistes et de régisseurs.

vendredi 18 décembre 2009

Petits plaisirs de la vie #2 : ne pas se faire attaquer par des animaux terrorisants


Allumez vos télés, vos radios de char, vos journaux et rendez vous compte des dangers qui vous guettent. Arrêtez de vous leurrer, la mort est à nos trousses.

En ayant assez des sottises des humains mère nature a décidé de s'équiper de super-animaux, créés spécifiquement pour éradiquer notre race. Encore récemment, les médias amerloques nous informait de la présence d'un ours de plus de 4 mètres qui avait dévoré un randonneur insouciant. Intelligentes créatures, ils se laissent de moins en moins duper par la technique de "faire le mort", dont j'avais parlé précédemment.

Je me considère encore chanceux de vivre dans la métropole outaouaise, car la déforestation a permis de détruire ou délocaliser de nombreux habitats et écosystèmes, réduisant ainsi de croiser des bêtes comme celle-ci :

Quessé-ça, pour l'amour?!

Alors vous savez quoi faire. Ne laissez pas les hippies de greenpeace vous dire quoi faire, la race humaine doit s'imposer sur cette terre comme l'espèce dominante, non les serpents-lamas.

Vive les coupes à blanc, au diable les ours géants. Tel sera le nom de cette campagne. Sortez dans les rues et manifestez, si vous tenez à la vie.