mardi 29 juin 2010
Étude anthropologique du client de bar (partie 1)
À force de travailler dans le merveilleux monde du service de la boisson, il m'est souvent possible, par un simple regard, de déterminer quel genre de client chaque personne deviendra lorsqu'il ou elle aura quelques verres dans le nez. Croyez-moi, ce n'est nullement par mépris ou par dédain que je me prête à cet exercice, mais bien par réflexe afin de savoir à quoi m'attendre de ces personnages.
Il y a une foule de « personnalités de bar », mais en voici quelques-unes qui vous permettront de bien comprendre mon point de vue objectif de barman dans cette histoire-là.
Le jeune Ontarien :
Dépourvu et déraciné, le jeune Ontarien chaud est un client très contrasté. Au départ, il agit comme un touriste québécois qui visite un bar thaïlandais; il ne comprend pas trop ce qui se passe ou ce qui se dit, les moeurs locales lui échappent totalement, il se voit alors contraint de ne consommer que les produits auxquels il est familier (c'est-à-dire ceux qu'il voit à la télévision lorsqu'il regarde Grey's anatomy).
Cependant, une fois aviné, le jeune habitant de l'Ontarie vous démontrera une personnalité tout autre. Au revoir la jeune personne timide et confuse, bonjour les habitudes de colonialiste. Laissez-moi m'expliquer. À mesure qu'il boit, le jeune Ontarien se rappelle que le Québec fait partie du Canada suite à la Conquête de 1760, de ce fait, il se croit chez lui, il se croit même très chez lui. De ce fait, n'ayant plus rien à craindre, il se met à se comporter comme un enfant (mais semble oublier que le pourboire suggéré au Québec se situe autour de 15,0% et non 1,50%)
En tout cas.
Le vieil Ontarien :
Contrairement au jeune Ontarien, le vieux sait déjà que le Québec est un territoire conquis, puisqu'il travaille aux Terrasses Chaudière au Ministère des Affaires étrangères ou à l'ACDI (voilà qui explique le fait qu'il sorte dans les bars avec sa petite carte d'identification de fonctionnaire). Il exigera une pinte de Keith's (comme dans les annonces) pour lequel il laissera un pourboire inversement proportionnel à son salaire, jugeant que du 8%, c'est très raisonnable.
S'il est vraiment « sur une dérape », le vieil Ontarien tombera dans les shooters de téquila ou bien le scotch sur glace. L'alcool affectera alors son ouïe, puisqu'il se mettra à parler et à sacrer très fort.
Le crieur public:
Chez l'homme : S'appelle souvent Steve, Dan, Rick ou Alain, souffre de calvitie, mais se teint les cheveux en blond et trouve que porter du Dom Rebel à 37 ans, c'est hot en esti. Après avoir enligné 5-6 vodka canneberge (Grey goose, ça pogne avec les filles), il s'assurera d'être entendu par tous les gens présents lorsqu'il rit, qu'il raconte une blague salée ou qu'il interpelle le barman pour montrer aux gens qu'il le connaît et qu'il est quelqu'un d'aimé dans l'établissement (alors qu'il ne sort qu'aux 5 à 7 de la Boîte à chansons). Cependant, le crieur public laissera un pourboire intéressant.
Chez la femme : Est jeune, découvre la sortie dans les bars et affectionne les cocktails mauves et la téquila. Ne se met à crier que lorsqu'elle commence à être pas mal pompette avec ses « chums de filles ». Après s'être ardemment époumonée, la crieuse publique aura repoussé tout le monde et elle se mettra à fustiger le sexe masculin, qui selon elle, ne mérite pas une femme de son envergure. Elle finira sa soirée en pleurant et en vomissant dans les toilettes. Triste, mais trop souvent vrai.
Le rapace:
Dans la trentaine parfois avancée, le rapace se munira de ses plus beaux atours pour aller épier la viande de femelle qui ose se pavaner sur son territoire. Il sort tous les jeudi et vendredi soir pour être certain de trouver le ratio optimal de femmes. Il se parfume au Axe, au Old Spice ou au Polo Black.
Lorsqu'il sort aux 4 jeudis, il s'installe à son poste de surveillance, c'est-à-dire sur le haut de la marche de la terrasse extérieure, à côté du DJ, afin d'avoir une belle vue d'ensemble. Il sirotera sa pinte de Stella Artois en parcourant la foule de son regard de feu. Vers 12h37, il tentera une blague misogyne avec le DJ, qui ne lui accordera aucune attention.
Le rapace terminera sa soirée une fois les lumières du bar allumées. Il tentera alors un « rush de dernière minute » afin de se trouver une fille assez saoule qui acceptera ses avances coquines malgré son haleine de cachalot et son regard vitreux.
N'allez pas trop loin, on vous revient avec la 2e partie sous peu!
jeudi 18 mars 2010
Soleil et inquiétude!
Ah lala, c'est inquiétant, les amis.
Tout à l'heure, j'avais froid aux petons. Je me suis donc levé et me suis mis à marcher et à cogiter pour trouver une solution au problème. Mettre des bas? Non c'est trop long. Me couper les pieds? Non, Vincent a déjà sali le petit couteau rouge. Marcher sur les mains étant donné que c'est aux pieds que j'ai froid et non aux mains, et qu'ainsi, si je marche sur les mains, ce sera aux mains que j'aurai froid et non aux pieds? Non, j'ai jamais été capable de marcher sur les mains.
C'est alors que je les vis, ces accueillants rayons de soleil que notre grande fenêtre de la salle à manger laissait passer. Je m'y réfugiai quelques minutes et trouvai chaleur et réconfort.
Une heure plus tard, la même situation se présentait. Cette fois-ci, je savais ce que j'avais à faire: retourner dans les rayons du soleil. Je me dirigeai alors vers ceux-ci. Lorsque j'arrivai à l'endroit où je m'étais placé une heure plus tôt, je ne trouvai pas les rayons. Où étaient-ils passés, batèche!!?!? Après de longues recherches, je les retrouvai, quelques centimètres à la gauche de leur emplacement initial.
Je fus pris d'une vive inquiétude. Quelqu'un s'amuse à déplacer le soleil. Quelqu'un contrôle le soleil. Et si cette personne était mal-intentionnée? Et si cette personne décidait de nous enlever le soleil?
Les amis, l'heure est grave. Nous devons reprendre le contrôle du soleil avant qu'une tragédie nous frappe.
Voilà c'est ça qui est inquiétant.
Bye.
mardi 9 février 2010
Le trimard de Joe-Bacon Les-Gros-Bras
En cette époque de modernité, où tout le travail est effectué par des machines, on est loin d’avoir les hommes qu’on avait dans notre beau Québec. Je vous parle d’un temps où il fallait être le plus dur des durs, l’amanché des amanchés, le rapailleux des rapailleux, bref, un homme et un vrai…
Voilà exactement ce que Joe-Bacon Les-Gros-Bras était, un homme au torse velu. Haut comme trois conifères et solide comme la rocaille du fond du Lac-Saint-Jean, il n’avait peur de personne, même pas du plus noir de tous les ours du Grand Nord. Malheureusement, Joe-Bacon n’était, comment dire, point le plus brillant des fanaux. Aussi sagace que le lichen, il avait passé le plus fort de sa vie à clopiner de village en village, toujours à la recherche d’un moyen d’accumuler les piastres. Le pauvre, n’étant point trop apte aux travaux manuels de finition et de détail, il se fit, à grand nombre de reprises, claquer la porte au nez.
Cependant, si on tendait à se moquer à brillance, on avait, bien au contraire, tendance à envier sa redoutable force. On disait que ses parents avaient signé un accord avec Belzébuth pour qu’il fasse de leur fils l’homme le plus redoutable du bout de la Gaspésie jusqu’à la Baie James ; ceci en échange de leur éternelle âme, bien sûr. La bête s’était empressée se soumettre à leurs vœux, mais n’ayant guère parlé d’intelligence, il leur fit un fils qui posséderait autant d’astuce qu’un bouleau blanc. Par contre, bien qu’il lui ait embrouillé les méninges, le malin n’était jamais parvenu à noircir l’âme de l’enfant, son cœur était resté d’or massif.
Les années passèrent et Joe-Bacon sillonnait toujours les contrées broussailleuses du Québec…
Par un rigoureux mois de février, Joe-Bacon Les-Gros-Bras avait trouvé besogne dans une cour à bois du sud de l’Outaouais. Là, il passait ses journées et ses semaines à fendre du gros chêne, un travail tout indiqué pour gaillard d’une telle carrure. Le soir venu, il épaulait sa grosse hache pour aller rejoindre les autres fendeux de bois à la taverne du village. On disait que quand ce gars-là avait un verre dans le nez, il ne se gênait pas pour faire illustration de ses prouesses physiques ; que ce soit en souquant à la corde contre du bétail ou en fracassant les margoulettes de dizaines de malheureux à la fois, il savait comment faire parler de lui.
Cependant, en cette sombre soirée, mère Nature avait d’autres plans pour notre Joe-Bacon…
L’heure de la fermeture des brasseries approchait et, ayant célébré le jour de paie durant toute la veillée avec les bûcherons et les draveurs du coin, notre grand Joe-Bacon était rond comme une balle. C’est alors que Polinaire Gadbois, l’apprenti-veilleur de nuit à la drave, fit irruption dans la taverne, blanc comme un drap, en s’écriant :
« On est en train de perdre les pitounes à cause du courant de la rivière! Y’en aurais-tu un draveur assez capable pour venir r’médier à ça? »
À cette époque, un voyage de bois perdu signifiait une année complète de salaire de perdue pour ces derniers.
Toujours prêt à rendre service et voyant que lesdits draveurs s’étaient paquetés à s’en rendre incapable d’accomplir un tel ouvrage, Joe-Bacon Les-Gros-Bras s’empressa d’offrir sont aide au jeune Polinaire. « Ceci serait un bon moyen de faire démonstration de mes prouesses », se dit-il.
Une fois sur les lieux, notre homme fort éméché, put constater à quel point le courant avait fait dériver une grande partie des rondins. Voulant à tout prix faire bonne figure, le géant au cœur d’or empoigna sa drave et sauta sur le premier billot et se mit à la tâche. Déjà qu’il n’était pas très habile, l’ivresse rendait son travail encore plus ardu. Par contre, aussi à l’aise qu’un moineau sur une clôture de barbelés, il arrivait tant bien que mal à rassembler le tout en un vaste troupeau de troncs flottants.
Debout sur le tout dernier billot, Joe-Bacon, qui voulut clouer le cercueil des rumeurs des dires concernant son inaptitude, tenta d’impressionner les spectateurs qui s’étaient massés en effectuant une pirouette arrière ; une manœuvre réservée aux plus habiles draveurs, ce que le chaud Joe n’était pas.
Il prit son élan, perdit pied et dans le temps de le dire, disparut sous les énormes pitounes. L’affolement des témoins finit par se taire lorsqu’ils se rendirent à l’évidence qu’il n’y avait plus rien à faire.
Encore aujourd’hui, dans le coin de la Vallée de la Gatineau, on entend les plus connaissants des résidents parler de Joe-Bacon Les-Gros-Bras, l’armoire à glace pas trop habile, mais qui brillait de son bon cœur et de sa force phénoménale.
jeudi 19 novembre 2009
Le monde du bagel est ébranlé
Histoire de vous faire une petite mise à jour, laissez-moi vous affirmer que notre petit problème de rongeurs n'est toujours pas réglé. Les résidus de bagels rassis sur notre perron sont les pièces à conviction pour une telle affirmation.
Alors que je bottais ces petits restants en sacrant grassement, je constatai quelque chose de tout à fait choquant.
Avez-vous déjà remarqué à quel point le simple pain tranché peut passer des semaines, voir des mois à poireauter au fond d'un frigo sans pour autant démontrer des signes de vieillissement (mis à part un petit goût de frigidaire). Par contre, négligez des bagels pendant ne serait-ce que quelques jours et vous pouvez être certains de retrouver un festival de gangrène sur ces anneaux hassidiques.
Drôle de phénomène, me dites-vous.
Cessez d'être naïfs, ça sent le complot! que je vous réponds.
Mathieu a lui-même été victime des redoutables bagels de marque "Ottawa", qui ont tourné en moins de 2 jours. C'est un scandale!
Mon âme d'enquêteur a alors pris le dessus et je me rendis au Ottawa Bagelshop, afin de mettre de la lumière sur ces sombres activités criminelles.
Tout de suite en entrant, je fus salué par un sympathique vieillard juif qui, pour l'occasion de ma visite, arborait son plus beau sourire. Méfiant, je le dévisageai d'un regard psychotico-agressif, toute cette sympathie était vraiment trop louche, cet homme me cachait quelque chose.
Tentant de me gagner en me demandant quel genre de bagel je souhaitait acheter, Isaac (tel était le nom du souriant vieillard) percevait sans doute que je voyais clair dans son petit jeu.
Les gouttes de sueur perlaient sur son crâne dégarni, la tension était palpable...
D'un mouvement vif, je l'agrippai au collet et le questionnai férocement.
Voyant que l'écume coulait de mes commissures, Isaac voyait que ne je "niaisais pas avec la puck" et n'eut d'autre choix qu'obtempérer.
"Vous avez raison, vous avez tout à fait raison, les bagels sont les produits d'une multitude de cartels gérés par des juifs qui veulent vous faire dépenser à n'en plus finir."
Mes pires craintes se confirmaient, il s'agit bel et bien d'un énorme complot. Au moment où je sortais, je me fis assommer par un individu que je n'ai jamais pu identifier...
Ce n'est qu'en me réveillant ce matin, nu et ligoté sur le bord de l'autoroute 50 entre Buckingham et Masson-Angers, que je compris que quelqu'un voulait me faire taire...
Ce n'est que parti remise, car vous, amis lecteurs, saurez m'aider à combattre ces vils cartels et faire régner la justice dans ce monde corrompu.
Fuck les bagels!
vendredi 6 novembre 2009
Mathieu en apprend.
J'avais pas grand chose à faire hier soir au travail. J'errais sans but dans la bibliothèque (je travaille à la bibliothèque). Comme j'avais déjà lu tous les livres de Babar, je ressentais comme un vide dans mon coeur qu'aucun autre livre n'aurait pu combler. Babar, fier éléphant roi, pourquoi n'as-tu pas plus d'aventures à nous raconter!?
D'un geste de désespoir, je me suis tourné vers le seul livre qui pouvait peut-être encore me réserver quelques surprises: Le petit Larousse illustré 2004. Donc je feuilletais. J'apprenais des mots tels que: "evzone" ( fantassin grec), "romanichel" (individu sans domicile fixe (ex: va chier esti d'romanichel, t'auras pas mon argent)), ou encore "maison" (bâtiment d'habitation).
Soudainement, je suis tombé sur le mot "bison" (grand bovidé sauvage, aux cornes courtes, caractérisé par son encolure massive et bossue, et son grand collier de fourrure laineuse.) J'en ai alors appris une criss de bonne: il y a des bisons d'Amérique et des bisons d'Europe!!!! KOSSÉ ÇA CIBOÉRE?!!?! J'pensais que le bison était un animal typiquement américain. Bref d'après l'image du dictionnaire, le bison d'Amérique a l'air pas mal plus cool. Un jour je vais confronter les deux races pour voir si elle peuvent communiquer et se comprendre. Je suis comme ça moi, toujours en quête de savoir. En tout cas. J'ai l'goût de manger un bison maintenant.
Babyyyye