mardi 13 juillet 2010

La faune rapplique


Les amis, j'avais fermement l'intention de vous faire part d'un grave problème issu du règne animal auquel nous faisons face au 67 rue Lessard, mais certaines circonstances m'en ont fait décider tout autrement. Forcément, va falloir se reprendre sur celle-là.

Lors de la délicate opération qu'est la sélection d'images pour agrémenter ma chronique, je suis tombé sur un petit bijou de la sphère des Internets, soit le site http://faune-flore.blog4ever.com/blog/index-128323.html. Grand amateur d'art visuel et de concoctions littéraires pédoéducatives, j'ai cru nécessaire d'écrire un élogieux rapport de ce site Internet pas piqué des vers.

Attraits visuels immédiats :

D'entrée de jeu, le site capte l'attention du lecteur grâce aux détails raffinés de son en-tête. Le va-et-viens du titre blanc sur fond rouge amène un sentiment d'urgence. Il rappelle au lecteur potentiel que la vie est courte et frénétique et qu'il vaut mieux en apprendre le plus possible sur la faune et la flore avant qu'il ne soit trop tard vu l'instabilité du contexte sociopolitique mondial actuel.Ce grand sentiment de panique laisse ensuite place à la déroute, la débandade, la débâcle, alors que, se croyant sur la page principale d'un site de faune-flore, le lecteur se retrouve confronté à une immense carte de régions rurales et obscures de la France. Pourquoi voudrais-je voir cela? Où suis-je? Excellent, tout simplement excellent! Un autre excellent procédé visant à aller hameçonner d'autres lecteurs, car Dieu sait qu'un lecteur privé de repères s'accrochera à la moindre information à sa disposition. L'éducation par la terreur, rien de plus efficace.
Ah oui, l'arrière-plan est mauve, ça va de soi.

Ce qu'on offre au lecteur :

Évidemment, dans la colonne de gauche, le site nous offre d'aller consulter une banale et générique collection de photos de bebittes et d'arbres, exercice qui se fait vite extrêmement ennuyeux.

Ce qui a davantage capté mon attention d'internaute engaillardi fut la section « Livre d'or » où l'on nous rappelait, en ce mardi 13 juillet, l'anniversaire de Mildred (bonne fête Mildred, tous nos vœux de bonheur). J'ai cependant bien aimé la section « Mon matos », dans laquelle l'auteur nous présente des dizaines et des dizaines de photos de ses lentilles et de ses caméras affublées de camouflage. Tout à fait passionnant. C'est un peu comme si je prenais des photos de mon logiciel de traitement de texte lorsque j'écris et que je les publiais en ajoutant mes initiales (écrit avec une police de caractère fantaisiste trouvée dans MS Paint) dans le coin droit. Du grand art.

La section des sondages, minimaliste, parle d'elle-même :



Et puis finalement, je dois dire que j'ai hâte au jour ou Vieux deux brun pourra afficher des statistiques aussi impressionnantes. Au moins nous, on a pas peur d'afficher la date de création. Tsss, les artistes.




samedi 10 juillet 2010

MERCI MATHIEU


Aujourd'hui à la blibli, j'ai servi une madame. En partant, elle me dit: "je te remercie infiniment". Soit qu'elle a vraiment vraiment aimé mon service ou soit que cette dame est une parfaite insconsciente. Remercier jusqu'à l'infini c'est très long. Même si quelqu'un me donnait 1 milliard de dollars, je le remercierais pas infiniment. Être pogné à dire merci constamment jusqu'à la fin des temps? NON MERCI.

J'aurais du dire à la madame qu'est conne.

mardi 29 juin 2010

Bar : lieu propice à l'étude anthropologique (partie 2)

"Tin, v'la ton Bowmore mon Denis! Maintenant
arrête de crier."



C'est chose sue, quand le mercure indique au-dessus de 40 degrés, rien de tel qu'un bar avec une terrasse pour aller picoler au Ricard avec les badauds distingués du coin. Par contre, le plaisir de boire dans un endroit public, bien qu'accessible à tous, demeure un privilège. À tout moment, les gens dirigeant votre établissement de boisson favori peuvent décider de vous refuser l'entrée. Certaines personnes vont contre vents et marées afin de perdre leur privilège.

Voici donc enfin la deuxième partie de cette étude anthropologique sur les clients de bar.



Le brasseux de marde (ou les fréquenteux de Gym Max)
:

Venant tout juste de sortir de sa douche post-entraînement, le brasseux de marde fera quelques push-ups avant d'astiquer son faux-hawk fraîchement teint en foncé (comme ses sourcils d'ailleurs). Il s'éclatera ensuite un "shake de protéines" en attendant que ses boys viennent le chercher dans un Ford Explorer loué avec des phares bleutés et une black light sur la plaque.

Une fois dans la file devant le bar, il tentera de séduire le portier en flashant sont blé (généralement en dessous de 40$). Sitôt entré, il achètera des vodka-red bull à lui et ses potes, mais laissera tout de même un pourboire médiocre, comme ça il est sûr d'impressionner tout le monde. Il carburera à cet élixir toute la soirée, ce qui, suivant un refus global de la part du sexe opposé, le rendra nerveux, irritable et imprévisible.

Frustrés, ces jeunes gens musclés dévisageront les demoiselles et traiteront de traînée toutes celles d'entre-elles qui ne lui retourneront pas le regard.

À la fin de la soirée, le brasseux de marde regardera la pitoune aux seins refaits qu'un autre brasseux a réussi à enfirouaper un peu trop longtemps. Après un long échange de "c'est quoi ton problème?" et de poussaillage, tous les brasseux de marde se feront sacrer dehors et iront au Pigale. Ils reviendront le vendredi suivant.


Le gars silencieux au regard louche:

Probablement le pire cauchemar du barman, il a tendance à venir les jours les moins achalandés, ne dit pas un mot et ne fait que fixer les quelques gens dans l'établissement. Quand on tente d'entamer une conversation avec le gars silencieux, il a toujours l'air mal à l'aise et semble préférer qu'on le laisse. Il sort au moins 4 fois par semaine et s'assoit toujours au même endroit, forcément, il aime l'établissement. Alors, pourquoi ne jamais parler à personne et dévisager tous ceux qui passent le pas de la porte?

Qui est cet homme? Quelles sont ces motivations? Pourquoi porte-t-il un complet Moore's brun alors qu'il fait 35 degrés à l'ombre? À quoi pense-t-il lorsqu'il fixe les barman pendant de longues minutes? Qui a-t-il tué? Quand va-t-il rentrer dans l'établissement avec une mitraillette?

Bref, le gars silencieux demeure beaucoup plus inquiétant que le plus bronzé des ginos musclés.


Le téteux de promos:

Dans le merveilleux monde de la barmanerie, lorsqu'un client ou un groupe de clients paie sans cesse des tournées à tout le monde (incluant le barman), il est bien vu de mettre l'une de celles-ci, "sur le bras de la maison".

Or, étant un client régulier dans un bar en question, le téteux de promos ne se gênera jamais pour vous solliciter quelques shooters ou que pour vous soyez généreux lorsque vous lui concoctez ses rhum and coke. Ce que le téteux ne semble pas comprendre, c'est qu'il n'y a rien de plus rebutant pour un barman que de se faire quémander des produits.

Pour illustrer ce propos, prenez par exemple l'entrepreneur en construction. Si je le paie pour qu'il me bâtisse une maison, je ne lui ferai pas les yeux doux pour qu'il m'ajoute un mur ou deux. S'il décide de le faire, ce sera de son plein gré.

Mais le boutte du boutte, c'est que lorsque bien rond, le téteux modifiera sa technique de sollicitation; il fera mine de chuchoter à son voisin (en s'assurant que le barman puisse l'entendre) que le barman est radin et qu'il ne donne jamais d'alcool gratuitement. Bout de crisse.

Le téteux terminera sa soirée pas mal moins chaud qu'il ne l'aurait espéré, parce que les barmans, écoeurés de son attitude merdique par rapport à leur service, auront cessé de l'alimenter en alcool. Échec.


Le "hype man":

Voici un spécimen tout spécialement difficile à gérer pour un barman. Le hype man, dit le maître de cérémonie, tente par tous les moyens d'être la vie du party. Que ce soit un lundi soir pluvieux ou mercredi après-midi, le hype man va s'assurer que tout le monde s'amuse autant que lui.

Son cas est difficile à gérer, car bien qu'il rentre dans le bar pour sauter sur le dos des barman, qu'il monte sur les tables ou qu'il se montre les fesses en chantant des chansons de Bryan Adams, il est l'ami de tous. Il paye constamment des shooters à tout le monde et entraîne tout le monde dans une folie dépensière, du moins presque tout le monde. Pour ces quelques personnes qui n'apprécient pas voir des testicules à leur table alors qu'ils terminent leur breuvage, le barman se doit de contrôler le hype man.

Il s'agit tout simplement de savoir trouver le juste milieu entre le plaisir badin et l'exhibitionnisme gratuit d'un mongol autosexuel sans scrupules.

Étude anthropologique du client de bar (partie 1)

Vous reconnaissez-vous?


À force de travailler dans le merveilleux monde du service de la boisson, il m'est souvent possible, par un simple regard, de déterminer quel genre de client chaque personne deviendra lorsqu'il ou elle aura quelques verres dans le nez. Croyez-moi, ce n'est nullement par mépris ou par dédain que je me prête à cet exercice, mais bien par réflexe afin de savoir à quoi m'attendre de ces personnages.

Il y a une foule de « personnalités de bar », mais en voici quelques-unes qui vous permettront de bien comprendre mon point de vue objectif de barman dans cette histoire-là.



Le jeune Ontarien :

Dépourvu et déraciné, le jeune Ontarien chaud est un client très contrasté. Au départ, il agit comme un touriste québécois qui visite un bar thaïlandais; il ne comprend pas trop ce qui se passe ou ce qui se dit, les moeurs locales lui échappent totalement, il se voit alors contraint de ne consommer que les produits auxquels il est familier (c'est-à-dire ceux qu'il voit à la télévision lorsqu'il regarde Grey's anatomy).

Cependant, une fois aviné, le jeune habitant de l'Ontarie vous démontrera une personnalité tout autre. Au revoir la jeune personne timide et confuse, bonjour les habitudes de colonialiste. Laissez-moi m'expliquer. À mesure qu'il boit, le jeune Ontarien se rappelle que le Québec fait partie du Canada suite à la Conquête de 1760, de ce fait, il se croit chez lui, il se croit même très chez lui. De ce fait, n'ayant plus rien à craindre, il se met à se comporter comme un enfant (mais semble oublier que le pourboire suggéré au Québec se situe autour de 15,0% et non 1,50%)

En tout cas.


Le vieil Ontarien :

Contrairement au jeune Ontarien, le vieux sait déjà que le Québec est un territoire conquis, puisqu'il travaille aux Terrasses Chaudière au Ministère des Affaires étrangères ou à l'ACDI (voilà qui explique le fait qu'il sorte dans les bars avec sa petite carte d'identification de fonctionnaire). Il exigera une pinte de Keith's (comme dans les annonces) pour lequel il laissera un pourboire inversement proportionnel à son salaire, jugeant que du 8%, c'est très raisonnable.

S'il est vraiment « sur une dérape », le vieil Ontarien tombera dans les shooters de téquila ou bien le scotch sur glace. L'alcool affectera alors son ouïe, puisqu'il se mettra à parler et à sacrer très fort.


Le crieur public:

Chez l'homme : S'appelle souvent Steve, Dan, Rick ou Alain, souffre de calvitie, mais se teint les cheveux en blond et trouve que porter du Dom Rebel à 37 ans, c'est hot en esti. Après avoir enligné 5-6 vodka canneberge (Grey goose, ça pogne avec les filles), il s'assurera d'être entendu par tous les gens présents lorsqu'il rit, qu'il raconte une blague salée ou qu'il interpelle le barman pour montrer aux gens qu'il le connaît et qu'il est quelqu'un d'aimé dans l'établissement (alors qu'il ne sort qu'aux 5 à 7 de la Boîte à chansons). Cependant, le crieur public laissera un pourboire intéressant.


Chez la femme : Est jeune, découvre la sortie dans les bars et affectionne les cocktails mauves et la téquila. Ne se met à crier que lorsqu'elle commence à être pas mal pompette avec ses « chums de filles ». Après s'être ardemment époumonée, la crieuse publique aura repoussé tout le monde et elle se mettra à fustiger le sexe masculin, qui selon elle, ne mérite pas une femme de son envergure. Elle finira sa soirée en pleurant et en vomissant dans les toilettes. Triste, mais trop souvent vrai.


Le rapace:

Dans la trentaine parfois avancée, le rapace se munira de ses plus beaux atours pour aller épier la viande de femelle qui ose se pavaner sur son territoire. Il sort tous les jeudi et vendredi soir pour être certain de trouver le ratio optimal de femmes. Il se parfume au Axe, au Old Spice ou au Polo Black.

Lorsqu'il sort aux 4 jeudis, il s'installe à son poste de surveillance, c'est-à-dire sur le haut de la marche de la terrasse extérieure, à côté du DJ, afin d'avoir une belle vue d'ensemble. Il sirotera sa pinte de Stella Artois en parcourant la foule de son regard de feu. Vers 12h37, il tentera une blague misogyne avec le DJ, qui ne lui accordera aucune attention.

Le rapace terminera sa soirée une fois les lumières du bar allumées. Il tentera alors un « rush de dernière minute » afin de se trouver une fille assez saoule qui acceptera ses avances coquines malgré son haleine de cachalot et son regard vitreux.


N'allez pas trop loin, on vous revient avec la 2e partie sous peu!

mercredi 23 juin 2010

Les séismologues de fortune

Dieu soit loué


Mère nature se déchaîne alors que la terre elle-même tremble sous nos pieds! Effroi, débandade et chaos règnent en maître sur la population confuse du monde Outaouais. Une fois la poussière et les cris retombés, l'heure est au bilan sur les dégâts. Dieu sait que quand l'heure est grave, tout le monde devient un expert.

Bien confortablement assis dans nos Lazy boy alors que les plaques tectoniques se la trémoussaient, nous avons pu sentir une certaine panique provenant de l'étage du haut. À vrai dire, la grosse madame d'en haut capotait pas mal. Oui ça brassait un peu, mais rien qui méritait de s'époumoner et de jurer de la sorte, pas trop de classe mettons.

Après avoir attendu la réplique séismique, elle descendit pour aller jaser de son expérience avec les voisins, tout en s'assurant de respirer extrêmement fort en descendant dans la cage d'escalier, s'assurant ainsi de nous donner de graves haut-le-cœurs.

Rendu dans la rue, en pyjama, notre jolie voisine se mit à faire des analyses avec les autres voisines en peignoir afin d'en sortir leurs estimations sur l'épicentre du séismes ainsi que de sa force sur l'échelle de Richter.

Tout ça pour dire que des gens bien normaux peuvent s'avérer de très fins séismologues lorsque le besoin se fait sentir

C'est tout, BONNE SAINT JEAN!!
GROS BECS TOUT PLEIN





samedi 19 juin 2010

Les démons

Le voleur d'amitié


Son comportement, sa joie de vivre et son ambition, tous ont étés dérobés. Mathieu n'est plus le même depuis quelque temps. En ce moment même, je le regarde jouer à Call of Duty en ligne et sa maîtrise de la UMP n'est que l'ombre de ce qu'elle était jadis. À vrai dire, je ne le reconnais plus.

Mathieu lui-même n'est pas à blâmer dans cette histoire, c'est plutôt lui la victime. Il a été désigné comme proie par l'un des démons les plus redoutables que l'on puisse acheter à l'épicerie du coin. Cette poudre cristallisée de bonheur savoureux lui coupe l'appétit et le rend nerveux et imprévisible.

J'ai perdu beaucoup trop d'amis aux mains de cette puissante drogue, nous devons tout faire pour stopper ce fléau.

mercredi 16 juin 2010

Hull, ville en effervescence




L'hystérie collective est à son comble dans la métropole outaouaise. Parlez-en aux gens dans la rue et vous vous rendrez compte à quel point ils peinent à contenir cette joie débordante. On ne croyait jamais qu'un tel projet soit mené à bien, mais la vie se retourne parfois "sur un trente sous" pour nous faire de bien belles surprises.
Le chat est enfin sorti du sac après des mois de pourparlers. Après les arbres de lumière (le projet de 30 000 $ qui nous a donné la belle rangée de poteaux lumineux en bordure du boulevard Maisonneuve) et Papa, l'espèce de portion de mur géante aux couleurs fluorescentes, voici que la ville de Gatineau a octroyé des subventions à une compagnie bien connue pour qu'elle nous bâtisse une toute nouvelle succursale de McDo (À DEUX ÉTAGES), juste à côté de l'ancienne (voir annexe 1).



Annexe 1 - Le vieux McDo


Avec ce genre d'initiatives, on assure de laisser un héritage culturel riche aux générations futures. Les citoyens en liesse prévoient déjà fêter l'ouverture de l'établissement en grand. En fait, en fins stratèges, les députés de quartier et les franchisés se sont entendus pour faire coïncider l'ouverture des Jeux du Québec avec l'ouverture du restaurant. Les jeunes athlètes pourront alors s'y rendre pour y dévorer un savoureux trio et y dépenser ce qu'il leur reste d'énergie dans le parc Ronald révolutionnaire. Génial.

Le dynamitage de l'ancien site est prévu pour bientôt je l'espère. Nous comptons bien y assister afin de pouvoir nous délecter des derniers savoureux effluves de ce bâtiment qui, selon nous, mériterait tout à fait sa place au patrimoine régional.

Vieux McDo, nous te saluons d'un solennel salut.